Voilà,
les comptes sont faits. Mon 2014, ça a été 69 films, soit 6 851
minutes, soit 129,083 heures, soit 5,378 jours passés au cinéma. Il
y aura eu aussi des pubs. Ah ça, des pubs il y en a eu ! Je
sais aujourd'hui pertinemment qu' « Auchan Mériadeck,
c'est plus de 450 sourires à votre service », que j'ai le
droit d'être « excentrique, d'être plus classique, d'être
narcissique, ou bien érotique ou même préhistorique », grâce
à Maisons du Monde. Hum, oui, tout ça je l'ai appris et réappris
69 fois.
Ce qu'il faut garder de 2014 :
Mais
là n'est pas le sujet.
69
films.
Des
rires, des larmes, des surprises, des déceptions, bien sûr, une
sieste (pour Un Homme très recherché...), des « ahem,
mouais », des « ouh bordel de merde que c'est bon ! »,
des « arf, pour quoi faire ? », des « mais
qu'est-ce que je fous ici ?? » et aussi quelques « dafuq
did I just see » ? Le premier semestre m'avait un peu
laissé sur ma faim, malgré les pépites de Ben Stiller (La Vie
rêvée de Walter Mitty), de Guillaume Brac (impossible d'oublier le
monologue de Bernard Menez dans Tonnerre), de Jean-Marc Vallée
(Dallas Buyers Club) et enfin celle de Jim Jarmush (Only Lovers left
Alive). Et puis, l'été est venu tout chambouler. C'est une période
d'ordinaire propice à une déferlante de productions toutes plus
décérébrées les unes que les autres mais contre toute attente
elle m'a paru pleine d'audace et d'idées brillantes. D'abord, il y a
eu Boyhood. Impossible de ne pas saluer ce projet fou, construit sur
plus de douze années. Boyhood, c'est un hommage fort au temps qui
passe, beau et dur comme l'est la vie, un kaléidoscope de souvenirs
partagé avec une générosité et une tendresse infinies. Chaque
plan du film véhicule une émotion, une menace, une inquiétude, un
bonheur ; tout ceci s'entremêle et, si la narration se veut
déstructurée, Linklater ponctue ses séquences de références pop,
pas forcément toujours subtiles, mais ô combien pertinentes (je
n'aurais jamais été aussi heureux d'entendre du Britney Spears dans
un film !), comme pour soutenir davantage la complicité entre
ses personnages et les spectateurs. Un grand film, juste, sensible,
porté par un scénario et des comédiens généreux.
![]() |
| Jun Yoshinaga et Nijirô Murakami dans Still the Water |
Il
y a eu ensuite de belles découvertes, comme Winter Sleep. Imposer un
film turc de 3h15 en plein cœur de l'été, il fallait le faire.
Alexandre Mallet-Guy, directeur de la boîte de distribution Memento,
n'a pas eu froid aux yeux et au final le film a achevé son
exploitation sur un joli score de 344 206 entrées. Palme d'or
oblige, le film a bénéficié d'un bouche à oreille assez
conséquent et, face à la médiocrité manifeste de certaines
productions (oui Lucy et Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu, c'est
vous que je vise), le film a réussi à trouver son public. Je dois
bien avouer toutefois que je ne débordais pas forcément
d'enthousiasme à l'idée de me confronter à un cinéma dont
j'ignore tout (de mémoire, ma connaissance du cinéma turc se
limitait alors au film de Fatih Akin, De l'autre côté), les codes,
le langage, les intentions et les références. Si je tenais à aller
voir Winter Sleep, c'était tout de même pour bouleverser mes
habitudes de spectateur et provoquer ma curiosité. Aujourd'hui, les
blockbusters m'ennuient, 99% d'entre eux reposent sur des schémas
narratifs rigoureusement identiques, des personnages et des comédiens
interchangeables à l'infini, des mises en scène creuses. Winter
Sleep, donc. L'affiche du film en fait des tonnes. On peut y lire :
« Superbe », « un pur chef d’œuvre », « un
immense film », « une splendeur »,
« magistral », « inoubliable », etc.
Vous voulez vendre votre film ? Rien de plus facile !
Aujourd'hui il suffit d'inonder l'affiche d'adjectifs au superlatif !
Ça n'a aucun sens, mais faut croire que ça marche... Alors non, à
mon sens, Winter Sleep N'EST PAS « inoubliable », ni
« magistral », ni... Toujours est-il que c'est un beau
film, honnête, humble, contemplatif, qui repose sur une
juxtaposition de longs dialogues au travers desquels le réalisateur
Nuri Bilge Ceylan communique un message tantôt amer, tantôt
optimiste sur l'humanité. Le film, enfermé dans son écrin
d'Anatolie, contemple une famille qui se déchire, une communauté en
décrépitude, un monde régi par l'orgueil et l'absence d'écoute et
d'abnégation. Un film difficile à appréhender pleinement dans son
ensemble donc, pour sa densité, mais je garde en mémoire quelques
belles séquences.
Et
puis... POUM-BAM-BANG-KABOUM !!! Le choc. Enemy. *Si
vous n'avez pas vu le film et que vous voulez le voir dans un état
d'esprit le plus neutre possible, merci de ne pas lire ce paragraphe*
J'avais entendu parler de Denis Villeneuve à l'occasion de la sortie
d'Incendies en 2010. Le film m'intriguait mais, sans doute par
paresse, je ne suis pas allé le voir. Il y a eu ensuite Prisoners.
O_O < Ma tête à la sortie de la séance de Prisoners. D'abord,
j'étais enchanté de voir Hugh Jackman dans un rôle autre que celui
de Wolverine... Et puis il y avait cette ambiance poisseuse, cette
intrigue profondément malsaine où les personnages perdent pied, se
débattent en quête d'un semblant de justice... Je savais donc que
j'avais à faire à un metteur en scène rigoureux et respectueux
d'une écriture soignée. A la sortie d'Enemy, mes attentes se
posaient là... Attentes largement comblées puisque je considère
Enemy comme LE meilleur film de 2014. Pour faire court, Enemy, c'est
l'histoire d'un professeur universitaire, Adam, qui découvre par
hasard son sosie parfait, Anthony, comédien de seconde zone.
J'ignore ce que peut donner le roman dont il est l'adaptation
(L'Autre comme moi, de José Saramago), mais le film est pour moi la
synthèse parfaite de ce qui caractérise le cinéma : l'art du
mouvement, d'abord, d'un point de vue technique mais aussi narratif
et puis l'art de comprendre et s'approprier le langage et la
grammaire cinématographiques. Montrer sans trop en dire, révéler
une esthétique unique et composer une intrigue suffisamment complexe
pour que le spectateur sorte de la salle avec plus d'interrogations
que lorsqu'il y est entré. C'est ça, l'essence du cinéma. Quelque
part entre Lynch et Polanski, Villeneuve livre un chef d’œuvre
visuellement bluffant. Bien sûr, les thématiques de l'identité et
du double ne sont pas nouvelles dans le cinéma, mais rares sont les
metteurs en scène à opérer une telle progression aussi habile dans
l'écriture. Réalité et folie se télescopent pour faire évoluer
les personnages dans une spirale d'effroi permanente. Difficile de ne
pas en dire trop, car l'intrigue repose entièrement sur une
accumulation de manipulations et de faux-semblants qui va crescendo.
Avec une perversité sans limites, Villeneuve oscille constamment
entre réalité et fantasmes et fait voler en éclats toutes nos
certitudes. Ce que l'on croit voir et savoir n'est jamais acquis. Au
début du film, Adam évoque lors d'un cours qu'il donne le fait
que l'Histoire est un schéma qui se répète et que tout est
question de contrôle. Le ton est donné. Adam a-t-il un contrôle
absolu sur sa vie ? Dans quelles mesures réussit-il à
s'épanouir dans ses fantasmes ? Frustration et inconfort sont
d'autant plus grands – pour Adam comme pour nous – que la mise en
scène s'appuie sur un principe de leitmotiv symbolique récurrent :
l'araignée. Entre Adam et Anthony et les femmes qui gravitent autour
d'eux, une toile se tisse, dont personne ne pourra s'échapper
indemne. Si vous êtes attentifs, vous remarquerez la subtilité de
l'utilisation des allégories liées à l'araignée : les
réseaux de câbles de la ville, filmés en travelling, semblant se
dérouler à l'infini, les impacts de bris de glace à la fin du film
lors de l'accident, etc. Clé de voûte du film, l'araignée est un
symbole d'oppression pour Adam. Pour mieux figurer encore cette
oppression, Villeneuve plante le décor dans un Montréal étouffant,
poussiéreux, sous une photographie jaunâtre, le tout porté par un
Jake Gyllenhaal hallucinant. Au cœur d'Enemy, tout est question de
composition, de mascarade, d'illusions et de fantasmes. L'essence
même du cinéma...
![]() |
| Jake Gyllehaal dans Enemy |
D'Enemy,
ma foi, je dois le reconnaître, je ne me suis toujours pas remis.
Comme dirait notre cher Robert dans Sherlock Holmes :
« psychological recovery : unlikely ». Il m'a
pourtant bien fallu reprendre du poil de la bête car, si l'été
touchait à sa fin, je n'étais pas vraiment au bout de mes surprises
dans cette année décidément bien étonnante... Entre un élan de
poésie et de douceur bienvenu (Still the Water de Naomi Kawase), un
plaisir coupable (Sin City 2) et le nouveau délire d'Alexandre Aja
(Horns), l'ami Fincher est venu pointer le bout de son nez. Gone
Girl. Immense coup de cœur (bis) de cette année. La réputation du
bonhomme n'est bien évidemment plus à faire. La bande-annonce
m'avait largement mis l'eau à la bouche, j'étais donc assez
impatient à l'idée de voir le résultat. Impatience et excitation
tout de même modérées par certaines réserves que j'émettais en
raison de ma déception quant à L’Étrange histoire de Benjamin
Button et surtout l'immennnnnnse inutilité du remake de Millenium
(film formellement bon, je le reconnais, mais, comme 95% des remakes,
infiniment vain...). Alors voilà, je ne passerai pas par quatre
chemins. J'ai été épaté par l'ingéniosité de la narration, la
gestion des ambiances sonores, la mise en scène, la direction
d'acteur et la galerie de personnages bien écrits et admirablement
interprétés. Une fois de plus, avec toute la fascination qui le
caractérise pour les études de cas psychopathiques, Fincher sonde
les travers de l'âme humaine à travers le cas de Nick qui, suite à
la disparition de sa femme, se retrouve dans la position du principal
suspect. « Bof, un énième thriller made in USA » me
direz-vous... « Ah mais sapristi, pas du tout !! »
vous répondrais-je. Car au-delà de l'intrigue policière qui
domine, le scénario brasse de nombreuses thématiques sans jamais
tomber dans la lourdeur. Relations amoureuses, famille, intrusion des
médias dans la vie privée, rapports à l'image, manipulations en
tous genres... C'est un film extrêmement dense et savamment dosé.
On connaît bien sûr Fincher pour sa rigueur, Gone Girl ne déroge
pas à la règle. Chaque détail vient développer une problématique
soulevée précédemment et étayer des éléments de réponses qui
permettent peu à peu d'éclaircir le mystère. Encore une fois chez
Fincher, et à l'instar d'Enemy, tout est question de manipulation et
le film repose sur une accumulation constante de mises en scène :
celle du couple que forment Amy et Nick, celle des médias,
évidemment, mais aussi, plus discrètement, celle de la propre
histoire d'Amy qui, par le biais de livres pour enfants créés par
ses parents, disparaît pour devenir « Amazing Amy ». Les
personnages agissent comme des poupées gigognes, d'abord parce
qu'ils sont manipulables à souhait, mais aussi parce qu'à mesure
que l'intrigue avance, ils n'en finissent pas de révéler de lourds
secrets. Et c'est là toute la force et la cohérence du cinéma de
Fincher. Fasciné par les perversités de l'esprit humain, il ne
prend pourtant jamais partie pour une cause ou pour une autre. Ses
films sont des études de cas menées dans des sphères bien
délimitées et contextualisées. Sur des sujets de société aussi
larges que les réseaux sociaux, les médias, le mariage, etc.
Fincher développe des problématiques universelles qu'il isole et
renferme dans des microcosmes précis qui finissent par péricliter
(un campus dans The Social Network, une cave dans Fight Club, une
ville de banlieue dans Gone Girl,...). Dans Gone Girl, le mariage de
Nick et Amy, soudain au centre de toutes les attentions, est perçu
comme un conflit intime et sournois. Je me souviens notamment de la
scène où le couple s'embrasse dans un nuage de particules de sucre,
entre parodie niaise et poésie sincère, pastiche de leur propre
vie. J'ai le sentiment qu'à elle seule, cette séquence, proche du
surréalisme, résume tout le film : leur passion rongée par l'ennui
et les tromperies qui aboutit inéluctablement à un travestissement
de leurs réalités respectives. Et puisque leur ennui prend place
dans une banlieue décharnée des États-Unis, difficile de ne pas
songer à Twin Peaks. Effet renforcé par la sublime bande-son de
Trent Reznor et d'Atticus Ross. Leur collaboration avec Fincher sur
The Social Network et Millenium avait déjà fait des étincelles,
ici, elle s'épanouit pleinement. Par moments, l'influence d'Angelo
Badalamenti (compositeur de la musique de Twin Peaks) se fait
nettement sentir et dans l'ensemble, le parallèle entre le malaise
de Laura Palmer et celui d'Amy est évident. Enfin, je salue la
performance de Ben Affleck qui, sans être prodigieux, trouve
toutefois un rôle adéquat. D'ordinaire, on reproche à Affleck son
côté absent et monolithique, ici, c'est une force, puisque le
personnage de Nick est une énigme pendant une bonne partie du film,
ballotté dans tous les sens, d'une neutralité à toute épreuve et
sans cesse passif (le selfie qu'il fait malgré lui, le réflexe
irréfléchi qui le pousse à sourire aux journalistes lorsqu'on lui
demande de sourire pour un article de journal). Un grand film, donc,
à tous points de vue, parfait dans sa narration et dans la gestion
des rebondissements, dans son rythme, son casting. A voir et à
revoir absolument !!
![]() |
| Rosamund Pike et Ben Affleck dans Gone Girl |
Voilà,
je me suis penché sur quatre films, et le temps file. Il ne m'en
reste plus que 65 à évoquer. Nan, j'déconne ! Je pense avoir
dit l'essentiel. Je ne suis pas sûr qu'il soit nécessaire de
revenir sur Grizzly - c'était chou mais pas de quoi palabrer -, pas
plus que sur La Prochaine fois je viserai le cœur - « effroyable
et crépusculaire » (lol) - ni même sur ma déception
vis-à-vis d'Interstellar, et encore moins sur Mommy - rassurez-vous,
j'ai adoré, mais tout a déjà été dit. Ah, j'allais oublier...
The Tribe, ça vous dit quelque chose ? Non ? Eh bien The
Tribe c'est – accrochez-vous – un film ukrainien interprété par
des comédiens sourds et muets, en langue des signes, non sous-titré,
le tout sur fond de prostitution et de violences en tous genres.
Héhé. Il faut l'admettre, le projet est unique, fou, même. Je suis
allé le voir dans l'optique de m'ouvrir à une expérience de cinéma
inédite et, ma foi, j'ai été servi... Malheureusement, passées
les 30 premières minutes d'immersion et malgré une introduction
brillante, le film tourne un peu à vide et s'épuise assez vite.
Alors oui, c'est évident, malgré leur handicap les sourds et muets
sont tout aussi expressifs, sinon davantage, que ceux doués de
parole. Le message est clair. Mais sur un long-métrage de 2h14 (!!),
il peut être quelque peu rébarbatif. Au-delà de ça, le film est
un déchaînement de violence parfois difficilement supportable et
dont on peine à discerner la portée. Car en s'affranchissant de
tous repères spatiaux et temporels, le réalisateur a du mal à
définir la portée de son œuvre. Reste de très beaux
plans-séquences, composés comme des chorégraphies à la fois
sobres et puissantes (la scène où un un personnage se fait écraser
par un camion sans voir venir le danger ni pouvoir manifester sa
détresse est effroyable). Toutefois, même si j'en suis ressorti
assez mitigé, je suis heureux de m'être essayé à une telle
expérience, ne serait-ce que par curiosité.
Ce
fut donc un 2014 étonnant, immense même, riche en surprises et en
révélations venues pour la plupart de films dont je n'attendais pas
grand chose (Tonnerre, States of Grace, Une Nouvelle amie), mais
aussi en évidences (Gone Girl, Boyhood, Mommy) et, à l'inverse,
quelques espoirs déçus (Swim Little Fish Swim et Palo Alto en
tête). En effet, j'ai cru naïvement qu'il suffisait de bouder la
frange « populaire » du cinéma et me concentrer sur des
productions indés pour dénicher à coup sûr des pépites. Alors
non, Gia Coppola et autres bobos, je vous jure que l'on ne m'y
reprendra plus ! Pour 2015, je vais peut-être mettre de côté
cette boulimie frénétique de visionnage de films et essayer d'aller
à l'essentiel. Ou pas.
Ce qu'il faut garder de 2014 :
Enemy,
Denis Villeneuve.
Gone
Girl, David Fincher.
Boyhood,
Richard Linklater.
Only
Lovers Left Alive, Jim Jarmush.
Le
Rôle de ma vie (Wish I Was Here), Zach Braff.
Mommy,
Xavier Dolan.
Night
Call (Nightcrawler), Dan Gilroy.
La
Vie Rêvée de Walter Mitty, Ben Stiller.
Une
Nouvelle Amie, François Ozon
Still
the Water, Naomi Kawase.
Twelve
Years a Slave, Steve McQueen.
Tonnerre,
Guillaume Brac.
The
Grand Budapest Hotel, Wes Anderson.
Her,
Spike Jonze.
States
of Grace (Short Term 12), Destin Cretton.
Coldwater, Vincent Grashaw.
Dragons 2, Dean Deblois.
Coldwater, Vincent Grashaw.
Dragons 2, Dean Deblois.
The
Rover, David Michôd.
The Raid 2, Gareth Evans.
La Grande aventure Lego, Phil Lord et Christopher Miller.
The Raid 2, Gareth Evans.
La Grande aventure Lego, Phil Lord et Christopher Miller.
Ce qu'il faut jeter aux oubliettes :
Eden,
Mia Hansen-Love.
La
Crème de la crème, Kim Chapiron.
Transcendance,
Wally Pfister.
Ablations,
Arnold de Parscau.
Le Labyrinthe, Wes Ball.
Le Labyrinthe, Wes Ball.
La
Belle et la bête, Christophe Gans.
96
heures, Frédéric Schoendoerffer.
Zero
Theorem, Terry Gilliam.
Palo
Alto, Gia Coppola.
Swim
Little Fish Swim, Ruben Amar et Lola Bessis.
Maléfique,
Robert Stromberg.
The
two faces of January, Hossein Amini.
Hunger Games, la révolte partie 1, Francis Lawrence.
Respire, Mélanie Laurent.
Et ici, la liste intégrale des films vus en 2014.
Hunger Games, la révolte partie 1, Francis Lawrence.
Respire, Mélanie Laurent.
Et ici, la liste intégrale des films vus en 2014.



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